L’ANTHOLOGIE SONORE

Record No 109

François Couperin

Quatre Portraits pour le Clavecin

 

Pauline Aubert, harpsichord

 

François Couperin, known as “Le Grand” (The Great), is the most famous member of the Couperin dynasty. This astonishing uninterrupted line of musicians (of which Germany’s Bach family is the only other example), gave France organists, harpsichordists and composers for more than two centuries: from 1625, supposed date of the birth of Louis Couperin, to 1860, when Céleste-Marie Couperin, organist of Saint-Gervais, died in Paris, with no descendants.

Our listeners already know admirable harpsichord works by Louis Couperin. They will be able to judge, by comparison, the contribution and the personality of his nephew François, who we will call simply Couperin, because such is his celebrity that he is usually referred to without his first name.

Couperin’s sole concern was not, like his predecessors, elegance of form, melodic beauty, originality of harmony and rhythm. The diversity of his inspiration, his gifts of observation, the sharpness of his malicious spirit enable him to paint humanity and to offer, in his collections of harpsichord pieces, a tableau vivant and summary of the world of his time. Under picturesque titles, he presents types, characters or charming descriptions. A clear and concise style, an inexhaustible variety of ornaments ensure the clearness of the features of resemblance and the marvellous ease of the account.

Behold “les vieux seigneurs”, heroic old lords of the 17th century, costumed in splendour. Loaded with years and honours, they nobly advance to the measure of a slow sarabande. The evocation of a brilliant but already remote past but makes them for a moment bow their heads. Then they drive out their melancholy and, standing straight, they proudly resume their solemn walk.

Behind them run “les jeunes seigneurs” (the young lords): preening, frivolous, eager for pleasure and adventure, hurrying in a joyful jostle, scattering profusely the trills of their laughter. These crazy gilded youths take nothing seriously and the tender declaration of love that Couperin makes us hear one moment finishes, too, with a pirouette.

“La visionaire” (the visionary), that is the fortune-teller, very fashionable in the 18th century, affects, on the other hand, a most severe aspect. With pompous or tragic declarations, serious in nature, magnetic in effect, they seek to impose respect and fear. But, after showing off these devilish paraphernalia, here is the prediction: it is very pleasant and promises a more pleasant destiny.

Lastly, “la convalescente” (the convalescent), pale, soft, plaintive, a little feverish still, finishes the series of four portraits which we have chosen.

Original French notes

François Couperin, dit « le grand », est le membre le plus illustre de la dynastie des Couperin. Cette étonnante lignée ininterrompue de musiciens (dont la famille Bach est, en Allemagne, le seul autre exemple), donna à la France des organistes, des clavecinistes et des compositeurs durant plus de deux siècles : de 1625, date présumée de la naissance de Louis Couperin, à 1860, où mourut à Paris, sans descendance, Céleste-Marie Couperin, organiste de Saint-Gervais.

Nos auditeurs connaissent déjà d’admirables pièces pour clavecin de Louis Couperin. Ils pourront juger, par comparaison, l’apport et la personnalité de son neveu François, que nous appellerons simplement Couperin, car telle est sa célébrité qu’on le désigne la plupart du temps sans son prénom.

Couperin n’a point pour seul souci, comme ses prédécesseurs, l’élégance de la forme, la beauté des lignes, l’originalité des harmonies et des rythmes. La diversité de son inspiration, ses dons d’observation, la vivacité de son esprit malicieux lui permettent de peindre l’humanité et d’offrir, dans ses recueils de pièces de clavecin, un tableau vivant et précis du monde de son temps. Sous des titres pittoresques, il présente des types, des caractères ou de charmantes des­criptions. Un style clair et concis, une inépuisable variété d’ « ornements » assurent la netteté des traits de ressemblance et la merveilleuse aisance du récit.

Voici « les vieux seigneurs » héroïques du 17me siècle, en costume d’apparat. Chargés d’ans et d’honneurs, ils avancent avec noblesse au rythme d’une sarabande grave. L’évocation d’un passé brillant mais déjà lointain leur fait un instant courber la tête, Puis ils chassent leur mélancolie et, redressant la taille, ils reprennent fièrement leur marche solennelle.

Derrière eux accourent « les jeunes seigneurs », pimpants, frivoles, avides de plaisirs et d’aventures, se hâtant dans une bousculade joyeuse, semant à profusion les trilles de leurs rires. Cette folle jeunesse dorée ne prend rien au sérieux et la tendre déclaration d’amour que Couperin nous fait entendre un moment se termine, elle aussi, par une pirouette.

« La visionnaire », c’est-à-dire la diseuse de bonne aventures, très en vogue au 18me siècle, affecte, par contre, un aspect des plus sérieux. Des accords pompeux ou tragiques, des traits graves, impressionnants comme des passes magnétiques, cherchent à imposer le respect et la crainte. Mais, après l’étalage de cet attirail diabolique, voici la prédiction : elle est fort aimable et prometteuse du plus agréable destin.

Enfin, « la convalescente », pâle, douce, plaintive, un peu fiévreuse encore, termine la série des quatre portraits que nous avons choisis.